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Collectivité

"Jardinons la ville, Cultivons Terrasson" : développement de jardins partagés dans la ville


Objectif(s) :

Donner l’accès à tous à une alimentation saine et de qualité. • Créer du lien social et favoriser les échanges, l’animation dans la ville et la mixité par la création de lieux de convivialité. • Favoriser et promouvoir la biodiversité dans la ville


Localisation de l'action :

24120 Terrasson-Lavilledieu, France

Description de l'action :

La démarche de mise en place de jardins partagés dans la ville commence tout d’abord par une demande singulière d’installation d’un composteur portée par un petit collectif en 2019. La municipalité répond favorablement à cette requête avec l’appui du Sirtom de Brive. Ce dernier s’engage à fournir le premier composteur, des bio seaux aux intéressés ainsi qu’un accompagnement sur les bonnes pratiques d’utilisation. Les services de la ville apportent leur appui technique pour l’installation, et assurent l’approvisionnement en matières sèches.

Puis, autour de ces mêmes résidents désireux de produire en commun des légumes et animés par une même philosophie de jardinage en permaculture, le tout 1er jardin partagé voit le jour en mai 2020, « le jardin des échoppes ». Ce n’est pas moins d’une trentaine de personnes réunies pour la circonstance sur le réseau WhatsApp qui adhèrent à ce projet. Les bénévoles, aidés des Services Techniques de la ville aménagent de petits espaces communaux par des carrés potagers qui seront alors « boostés » par les valeurs fertilisantes du compost issu de la valorisation des bio-déchets locaux.

 

Cette expérience heureuse fait écho dans d’autres quartiers. En 2020, toujours à la demande des habitants, la municipalité s’investit sur un 2ème jardin partagé au quartier du Maraval.

Cette initiative débute elle aussi par la mise en place d’un composteur pour chaque pied d’immeuble. Le Sirtom fourni également les bacs en bois d’1m3 ainsi qu’un bio seau pour chaque foyer et avec l’appui des jardiniers de la ville il propose une animation/conseil aux volontaires de l’expérience. Ce n’est que lorsque le collectif se structure, grâce à l’initiative d’un référent de quartier, que l’idée d’un jardin partagé émane. La municipalité installe un jardin de 300 m² clôturé, sur une parcelle communale en face des immeubles. Pour répondre à la demande des futurs jardiniers, le jardin est composé de 8 carrés potagers surélevés, d’un récupérateur d’eau enterré, d’un chalet en bois pour le stockage des outils. Toujours dans un souci de valorisation des déchets et de fertilisation des parcelles cultivées, les services techniques fournissent du compost (issu des déchets verts générés par le service espace vert) afin de compléter le produit des nouveaux composteurs de pied d’immeuble. C’est un jardin entièrement partagé entre les riverains tant dans l’organisation de la plantation que de la récolte.

La municipalité joue un rôle de coordinateur et de mise en relation auprès des différents acteurs du territoire afin de pérenniser des partenariats.  Aussi, une multiplicité d’acteurs rentre en relation et s’associe sur ce projet qui prend au fil du temps une plus grande ampleur. : le SIRTOM pour la mise en place des composteurs/l’animation, le village de Bouillac pour les échanges de graines, et les jardins du Cœur pour la fourniture de plants, la grainothèque municipale, Périgord Habitat pour la pose de récupérateur d’eaux pluviales, l’association d’insertion Itinérance avec le jardin des Restos du Cœur….

Résultat d’une telle émulation, les jardiniers créent une association qu’ils intitulent PARTIDORS, « les partageurs » en occitan. Cette association encadrera à terme les différents jardins partagés de la ville et aura pour objet « d’initier, de promouvoir et piloter toute action en faveur de la protection de l’environnement, de la biodiversité et des solidarités, et toute action d’éducation, de transmission du savoir et de partage, sur ces mêmes sujets à destination du plus large public possible ».

Cet engouement croissant venant des jardiniers en herbe invite la municipalité à poursuivre ses actions en ce sens.

Dans un premier temps elle étudie l’extension du jardin du Maraval sur des terrains dont elle a fait récemment l’acquisition, cette fois-ci en pied d’immeuble. Cette extension sera réservée à des cultures de pleins champs dans une logique de permaculture (culture en lasagnes) et la plantation d’arbres et arbustes fruitiers. Pour soutenir cette démarche, le bailleur social, Périgord Habitat s’investit également dans le projet en mettant en place d’autres cuves pour récupérer les eaux de pluies des toitures situées à proximité de l’extension des jardins.  

Dans un second temps, la municipalité met à l’étude l’intégration de nouveaux jardins partagés dans le cadre d’une requalification de quartier. Cette volonté de développement de jardins dans la ville est le résultat d’une démarche de concertation de la population en début d’année.


Lien vers une vidéo ou votre site web :


Structure porteuse de l'action :

Mairie de TERRASSON LAVILLEDIEU- services des espaces verts Partenariats : SIRTOM de Brive, OPLH PERIGORD HABITAT, associations PARTIDORS, jardins du Cœur, grainothèque


Adresse de la structure :

12 avenue Charles de Gaulle

Adresse électronique de la structure :

urbanisme@ville-terrasson.com

Coordonnées téléphoniques de la structure :

05 53 51 47 00

Présentation de la structure :

Mairie de TERRASSON LAVILLEDIEU

Thématique de l'action :

  • Préservation de l’environnement et de la biodiversité (ressources, nature et biodiversité, paysages…)

Année de démarrage de l'action :

2020

Avez-vous mené une démarche participative ? :

oui

Expliquez votre démarche :

La municipalité exprime la volonté de mettre en place dans ses projets en cours et à venir une réelle concertation de la population à l’initiative de l’émergence des initiatives, dans une logique de co construction avec les habitants et les acteurs du territoire. Pour ce faire, les élus s’appuient fortement sur ses techniciens qui sont en contact permanent avec les habitants et font remonter leurs souhaits. En effet, les Services Techniques de la ville travaillent dans leur quotidien en étroite relation avec les habitants, et notamment lors de la mise en place de la gestion différenciée des espaces verts, des rencontres se sont créés. Les techniciens ont fait remonter plusieurs sollicitations de riverains, particulièrement celle du compostage. Tout naturellement, ils ont répondu à cette demande simple à mettre en œuvre et peu coûteuse. C’est donc le dialogue entre les élus, les services de la ville et les administrés qui constitue le point de départ de la démarche de projet. Un suivi durant toute l’action, à travers des animations ponctuelles organisées en partenariats avec le Sirtom de Brive, Périgord habitat, les jardins des Restos du Cœur ont permis de garder un contact avec les jardiniers et d’ajuster le projet en fonction de leurs attentes : animation sur les bonnes pratiques d’utilisation d’un composteur, journée conseils avec les jardiniers de la ville, inauguration des récupérateurs d’eau par Périgord Habitat autour d’un verre de l’amitié… Une concertation plus large auprès des Terrassonnais à travers un questionnaire a permis de vérifier l’intérêt des habitants pour le développement de jardins partagés dans la ville, de recueillir leurs attentes et de cibler des secteurs d’implantation. Ce dernier a été distribué au plus large public via le bulletin municipal, une communication radio et dans les journaux ainsi qu’un relais sur le réseau social Facebook. Enfin, un stand de présentation de la démarche s’est illustré sur le marché afin que les élus et services entrent en dialogue avec les habitants et recueillent leurs besoins. L’équipe a donc reçu plus d’une trentaine de retours de potentiels jardiniers (aguerris ou amateurs) se positionnant en particulier sur les secteurs du Maraval, de la Borie basse, de la gare et du centre-ville.

Quel(s) objectif(s) du développement durable est/sont impacté(s) par votre action? :

  • ODD 1 Elimination de la pauvreté
  • ODD 2 Lutte contre la faim
  • ODD 3 Accès à la santé
  • ODD 5 Egalité entre les sexes
  • ODD 6 Eau propre et assainissement
  • ODD 8 Accès à des emplois décents
  • ODD 11 Villes et communautés durables
  • ODD 12 Consommation et production responsables
  • ODD 13 Mesures relatives à la lutte contre les changements climatiques
  • ODD 15 Vie terrestre
  • ODD 17 Partenariats pour la réalisation des objectifs

Précisez en quoi votre action concoure aux ODD sélectionnés :

ENVIRONNEMENT (ODD 6 – ODD 11 – ODD12- ODD13- ODD15) : Ce projet s’intègre dans la continuité d’une démarche environnementale initiée par la municipalité depuis les années 1990. En effet, celle-ci a débutée par la réhabilitation du centre ancien grâce à la reconquête et la qualification des espaces publics. En 2018, la ville obtient le classement de 3 fleurs au label « Ville et Villages fleuris ». Cette distinction récompense le respect d’une charte très complète au regard de la démarche environnementale qui intègre à la fois, la qualité des aménagements de l’espaces publics, leurs modes de gestion, la sensibilisation et la pédagogie à l’égard de tous les publics. Également, depuis 2013 la ville adhère à la charte « zéro herbicide ». Cette démarche se concrétise sur le terrain par la valorisation de la biodiversité dans la ville à travers une gestion soucieuse et raisonnée des espaces verts : gestion différenciée des espaces publics, valorisation des déchets verts par le compostage ou le paillage (broyage des produits d’élagage pour l’utilisation en paillage sur les massif), utilisation des traitement naturels (purins de fougères ou d’orties), lutte antiparasitaire à l’aide d’auxiliaires de cultures (coccinelles européennes ou chrysopes contre les pucerons et la cochenille), lutte biologique (ex : mise en place de pièges à phéromones utilisés dans la lutte contre la pyrale du buis ou la mineuse des marronniers. Le paillis de miscanthus ou les coques de noix cultivées localement sont aussi utilisés pour diversifier les paillages couvre sols permettant de réduire l’arrosage en retenant l’humidité et aussi éviter les adventices. Également, la ville mène actuellement d’autres actions en faveur de la protection de l’environnement et de la biodiversité avec notamment le projet de réalisation d’un atlas de la biodiversité à l’échelle communale et des communes associée (cet inventaire des milieux et espèces présents sur un territoire donné, impliquant l'ensemble des acteurs de la permet de cartographier les enjeux de biodiversité à l'échelle du territoire), et d’inventaire du patrimoine vernaculaire sur le territoire communale réalisé en concertation avec la population. La gestion de la voirie et notamment des trottoirs est parallèlement adaptée à ces nouvelles préoccupations environnementales, réglementaires et techniques. Ainsi, des méthodes alternatives de désherbage sont mises en place en fonction des revêtements et des usages mais aussi des seuils de tolérance des « indésirables » (mauvaises herbes) et progressivement, l’acceptation de la végétation spontanée « germe » dans les esprits des administrés. La proposition de création de jardins cultivés dans la ville est donc une suite logique. L’équipe municipale souhaite créer un maillage de jardins dans la ville afin de conforter à la fois les trames vertes et bleue en créant des poches de biodiversité au sein des quartiers et de renforcer la continuité écologique entre les différents espaces verts. Les jardins permettent également d’embellir le cadre de vie et créent des zones pour se ressourcer dans les quartiers. A la demande des habitants, les jardins sont conduits en permaculture et/ou en biodynamie. Les jardiniers se tournent de plus en plus vers des modes de cultures sains pour les consommateurs et l’environnement. Aussi, une convention entre la collectivité et l’association PARTIDORS définit les principes d’usage des jardins, notamment elle proscrit l’utilisation des produits phytosanitaires. Tout un cercle vertueux se met en place entre le travail des jardiniers, celui des services techniques de la ville et d’autres acteurs du territoire : les déchets verts de la ville sont réutilisés en compost, les déchets issus de la tonte riche en azote servent de support pour les cultures en lasagnes des jardins partagés, le compost issus des bio-déchets ménagers des quartiers est réutilisé dans le jardin comme matière fertilisante , le miscanthus issus d’agriculteurs locaux, le compost issu de la maison de retraite et du service espaces verts sont transportés par les ST jusqu’aux jardins des restos du cœur … Également, une attention particulière s’est portée sur la ressource en eau. Il est prévu dans chaque jardin des récupérateurs d’eau pluviale ou des puits notamment dans le quartier du Maraval où l’on récupère celles des toitures des immeubles. Le choix vers des pratiques telles que la permaculture permet de diminuer considérablement l’arrosage. SOCIAL (ODD 1, ODD3, ODD 5, ODD11) : La dimension sociale représente le fil conducteur du projet, aussi les jardins partagés constituent de véritables supports d’échanges et de rencontres : • Ce projet permet d’apporter des valeurs aux plus jeunes : animations auprès d’un public jeune à l’espace jeunesse sur la biodiversité et auprès du centre de loisirs par les référents du jardin (découverte de la faune et la flore, le « protocole moutarde * » …) *Le protocole moutarde permet d’estimer la population de lombrics dans les parcelles afin de donner une idée de l’activité biologique des sols. Cette méthode simple et pédagogique consiste à arroser, d'un mélange d'eau et de moutarde, 3 zones d'1 m² chacune. La molécule irritante contenue dans la moutarde permet de faire remonter en surface les vers de terre présents. • Il favorise les échanges humains car le jardin se veut ‘tout public’ : transmission de savoirs des jardiniers expérimentés au plus novices, rencontres intergénérationnelles… • Il permet des échanges de moyens : échanges de semences et de plants avec le jardin de Bouillac et le jardin du cœur, mutualisation des outils. Également, un projet de grainothèque est en cours. • Enfin ; le jardin des restos du cœur qui bientôt fusionnera avec l’association Partidors mène déjà des actions sociales en faveur des bénéficiaires des restos du cœur, reverse également le surplus de légumes à l’épicerie sociale et travaille en partenariat avec une association d’insertion. Dans le contexte sanitaire que nous vivons depuis bientôt deux ans, ces projets prennent une dimension encore plus importante et essentielle dans notre quotidien. Le jardin permet de renouer des contacts, de se ressourcer. Au sein du quartier du Maraval, le référent de quartier nous confirme que les résidents se parlent de nouveau entre eux et prennent plaisir à se retrouver dans le jardin. La création spontanée et rapide de l’association est une belle preuve de cohésion sociale.  ECONOMIQUE (ODD 11-ODD8) :  Le jardin prend également une forte dimension économique. La ville a fait le choix de prioriser son projet sur un quartier HLM où l’accès à une nourriture saine est plus difficile. (manque de moyens financiers, absence de jardins...). Le jardin répond à une baisse du pouvoir d’achat des ménages. Aussi, la mise à disposition gratuite ou quasi gratuite d’un jardin dans des quartiers sociaux offre l’accès à tous à une nourriture saine et de qualité. Le partage du jardin permet également de réduire les coûts et de produire en plus grande quantité. Enfin, la dimension locale est omniprésente dans le projet, à la fois dans un souci environnemental, social et économique. Une production de plants de légumes est réalisée sur des terrains communaux par les jardins des restos du Cœurs. En 2020, les jardins produisent des milliers de plants par an (on compte par exemple plus de 1200 plants de salades au cours de l’année 2020), et pas moins de 7 tonnes de légumes. Les jardiniers du quartier du Maraval ont donc pu bénéficier d’environ 500 plants de légumes pour démarrer leur potager. Cette dynamique permettra à terme de tendre vers une économie circulaire, avec un approvisionnement local des jardins partagés assuré par une production en interne, la création de plusieurs emplois et notamment des emplois aidés, la gestion des déchets organiques et leur réemploi dans les jardins et espaces verts de la ville.

Indicateurs éventuels d'évaluation de l'action :

L’action menée a permis de répondre à plusieurs objectifs de départ.  Créer une dynamique solidaire qui répond parfaitement aux objectifs du développement durable et plus concrètement aux besoins des administrés : Lieu d’échange et de mixité : les composteurs collectifs comme les jardins partagés sont des vecteurs de rencontres et d’échanges. Ils permettent de rassembler les personnes autour d’un intérêt commun. Chacun peut apporter son avis sur une pratique ou prendre conseil auprès des autres pour réussir sa récolte. C’est un lieu d’entraide où quand un jardinier part en vacances, les autres arrosent le jardin. C’est aussi un lieu d’échanges de connaissances et de partages où tout profil peut trouver sa place, jeune ou âgés, novices en jardinage ou au contraire expérimenté, pro en logistique ou en communication, amateurs de produits sains, actifs n’ayant très peu de temps pour réaliser un jardin seul…  Donner l’accès à une alimentation saine à une population aux revenus faibles : la création du jardin partagé dans la ville ancienne où les espaces de nature se font rares a offert la possibilité aux habitants de travailler un lopin de terre. Ainsi, ce petit espace de verdure et de respiration dans la ville participe aussi à son embellissement.  Promouvoir la biodiversité auprès des habitants : l’adhésion de la ville à la charte « zéro herbicide » engage la ville dans ses espaces publics comme privés à une gestion raisonnée des espaces, et à l’interdiction des pesticides notamment dans les jardins. Aussi, ces actions sont l’occasion de communiquer sur les bonnes pratiques. L’association « Partidors » en fait également son engagement principal au travers d’animation auprès d’un public jeune. Indicateurs éventuels d’évaluation de l’action : • Le nombre de jardins partagés créés en l’espace de 1 an et demi : le jardin des Echoppes et le Jardin du Maraval • La création de collectif et d’une association communautaire pour la gestion des différents jardins et sa fusion future avec le jardin du cœur : l’association PARTIDORS. • Et le retour positif des référents de quartier, notamment avec la demande d’un agrandissement du jardin du Maraval. • La mixité et l’implication des acteurs sur les actions menées au niveau technique et financier • Le retour favorable des terrassonnais sur le projet de développement : plus d’une trentaine réponse motivée. • Un retour positif des habitants sur l’envie de créer des jardins communs dans une gestion partagée démontrant une envie de partage avec les autres. • Un retour positif sur l’intégration de pratiques éco responsables dans les quartiers concernés : bon retour sur l’utilisation des composts, volonté de jardiniers en permaculture et notamment sans pesticides et intrants chimiques.

Quelles limites ou difficultés avez-vous rencontré ? :

Plusieurs limites ou points de freinage ont été identifiés à l’issu de cette démarche projet : • Dans la démarche de projet, il apparait nécessaire de s’appuyer sur un ou des référents de quartier afin d’impulser une dynamique de groupe et travailler en collaboration avec la municipalité. Aussi, le référent de quartier devient l’interlocuteur privilégié de la collectivité et des différents partenaires du projet et se fait porte-paroles de l’ensemble des résidents. Pour exemple, le référent du quartier du Maraval a réussi à établir un dialogue constant avec une population d’origine étrangère qui maitrise peu la langue française et à jouer le rôle d’intermédiaire entre les résidents et la municipalité : Le référent nous a permis de comprendre la culture Turque : c’est une communauté qui maitrise l’art de jardiner et l’art culinaire de consommer les produits du jardin. De plus il y a une forte solidarité entre eux et ils sont aussi ouverts et intégrés à la vie locale. La démarche participative au départ du projet permet tout d’abord d’identifier un réel besoin d’un jardin, mais aussi de définir la demande exprimée par les habitants d’un quartier. Cette étape est essentielle pour garantir l’investissement des équipements. Un jardin imposé ou mal pensé peut-être au fil du temps délaissé par les jardiniers. Nous avons eu peu de retours, mais des retours avec de réelles intentions, nous garantissant une meilleure viabilité du projet. Le portage du projet doit être assuré à terme par un collectif structuré tel qu’une association afin d’assurer une continuité dans le temps du jardin. La structure permet d’apporter un cadre dans l’organisation du jardin (règlement d’utilisation, principes de mise à disposition ou location, logistique, partage des récoltes…) mais aussi elle dynamise le collectif, et permet de faire évoluer le jardin selon les besoins de chacun. En l’espace de quelques mois, l’association communautaire PARTIDORS s’est structurée. Elle porte plusieurs objectifs à savoir la gestion des différents jardins partagés, la lutte en faveur de la protection de l’environnement, l’animation et la promotion de la biodiversité, l’éducation et la transmission des savoirs. • Le cadrage et l’entente sur une convention entre la future structure porteuse du jardin et la municipalité (gestion du jardin, pratiques de jardinage, définition d’actions…). Une convention de mise à disposition est définie pour le jardin du Maraval et servira de base pour les futurs jardins : Elle détermine les modalités de mise à disposition du terrain et de l’équipement (nature des équipements, état des lieux, durée de la convention, modalité financière, modalité de résiliation, assurance) et elle permet d’apporter un cadre sur les objectifs et engagement de l’association et de la Commune (modalité d’usage et de pratiques sur le site, engagements et actions de l’association…). • La multiplicité des acteurs et des partenariats sur le projet : la pérennité du jardin dépend aussi de la diversité des acteurs sur le projet. En effet, cette association facilite l’entretien et la gestion du jardin, et favorise la rencontre et l’échange. Elle permet un investissement partagé des acteurs sur le terrain et de trouver des solutions. Par exemple pour le jardin du Maraval, Périgord Habitat s’est engagé dans l’investissement des récupérateurs d’eaux pluviales des toitures des immeubles. Par cette action les habitants renouent peu à peu des liens avec leur bailleur. • Le foncier est une problématique du projet. La municipalité a fait le choix de prioriser ses actions sur des parcelles où la commune est propriétaire. La maitrise du foncier est un frein et surtout la cohérence du maillage. Solution : Etablir une étude globale comme par ex pour la requalification du quartier de la gare afin d’associer intelligemment services, logement, déplacements, mixité etc… = c’est l’objectif du programme national « Petites Villes de Demain » ou l’on raisonne de manière élargie. • La règlementation et les contraintes urbanistiques : une grande partie des terrains de la ville sont classés en zone rouge du PPRI et de fait rend impossible la construction d’abris de jardin dans ces secteurs. Pour autant ces terrains situés en zone inondable souvent riches en sédiments et sablonneux sont relativement propices à la culture potagère et présente un avantage certain pour l’irrigation des cultures potagères.

Avez-vous réfléchi à des pistes d'amélioration de votre action ? si oui lesquelles ? :

La municipalité souhaite créer un maillage de jardins dans la ville. Les projets à l’avenir s’intègreront dans une démarche globale de revitalisation de quartier avec notamment le programme de « petites villes de demain ». Des études sont en cours pour définir un plan de cadrage des actions futures. L’Agence Technique Départementale de la Dordogne est également un partenaire technique essentiel dans l’étude et a déjà réalisé une étude de faisabilité sur un secteur de la ville (la borie basse). L’étude en cours prévoit une mixité plus importante car le jardin serait ouvert sur le quartier et porterait également un projet pédagogique en associant les écoles, la création d’un verger partagé, mise en place de ruches…. Un projet est à l’étude, celui de la requalification du quartier de la gare ou notamment ressortent plusieurs demandes d’administrés pour jardiner. Également, il sera question pour ces futurs jardins de mettre l’accent sur un objectif de départ qui est l’encouragement à la mixité. Ces jardins de quartier deviendront le support de projets pédagogiques en associant les écoles, de lieux d’échanges intergénérationnels avec l’EPHAD, des espaces de rencontres et de partage de tous publics. Ces projets seront à coconstruire avec les habitants afin de vérifier un réel intérêt d’investissement. Enfin, l’association à ce jour est en train de se structurer pour porter un programme plus large d’animations auprès d’un public scolaire, et de créer un tiers lieu* en intégrant une recyclerie. La commune impulsera cette dynamique en mettant à disposition un espace qui deviendra un point névralgique à l’associaiton « Partidors ». *Les tiers-lieux sociaux reposent sur un objectif social affirmé, autour d’enjeux sociétaux, de participation citoyenne, d’entrepreneuriat social ou encore de transitions démocratiques. Ces tiers-lieux sont fortement structurés autour des acteurs de l’économie collaborative, de l’économie numérique et de l’ESS (Économie sociale et solidaire). Ouverts à tous publics, ils permettent également d’une part d'apporter des services de découverte, de formation, d’apprentissage, d'accompagnement à l'usage du numérique, et d’autre part, de favoriser les relations humaines de proximité, la rencontre intergénérationnelle et à soutenir localement les porteurs de projets associatifs par la constitution et l’animation de communautés.

La plus belle preuve de réussite de l'action :

La plus belle preuve de réussite est l’émulation qui a été créée autour de ce projet. • La municipalité en allant au-devant de habitants a véritablement instauré une relation de confiance avec certains quartiers où une population n’a pas forcément les moyens de s’exprimer (difficulté de la langue, stigmatisation des quartiers sociaux). • Une communication et des échanges entre les résidents : Les référents de quartiers nous confirment également qu’au sein même des immeubles les résidents communiquent à nouveaux entre eux et ont des projets. Les jardiniers des deux jardins partagés se sont structurés en une association communautaire pour la gestion de l’ensemble des jardins partagés de quartier. La fusion prochaine de l’association « Partidors » avec une association à but caritatif « les jardins des restos du Cœur » permettra à terme aux jardiniers de produire eux même leurs plants. • Implication du corps éducatif : « Partidors » propose des activités avec le groupe scolaire, centre de loisirs et espace jeunesse. Il s’agit d’actions concrètes proposées par des acteurs locaux.


Projet publié
Créé il y a 5 jours

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